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ORIGINE SOCIALE ET HABITAT DES ENFANTS PRIVES D’ÉCOLE............................................
La désertion scolaire commence avant la fin du primaire,
beaucoup de parents n'arrivant pas à payer les frais de scolarité de leurs enfants.
Pour eux, le jour où ils quittent l'école, seul lieu où leur enfance a été préservée, 
c'est une page qui se tourne, définitivement.   

Ceux-là qui sauront à peine lire, écrire et compter,
 vont entrer prématurément dans le monde du travail. 
Leur maigre salaire, ils vont le gagner pièce après pièce, jour après jour,
 en cirant les chaussures, en vendant des friandises ou des babioles, en portant des paquets... 

 Et c'est une réalité dans laquelle on se cogne, à chaque coin de rue.

Sur une place, de Quito. Une scène pittoresque que photographient les touristes.
Il est là, 10 à 12 heures par jour. Sans week-end. Sans vacances.
Son âge ? 5 ou 6 ans.

Leurs parents sont presque tous des paysans qui ont quitté la campagne, espérant, en ville, échapper à la misère. Pauvres et Indios ils sont restés. Tout en bas de l'échelle sociale. Ils vivent à la périphérie de Quito, sur des terrains en pente, non urbanisables. Là, des quartiers se  sont développés, maisons adossées les unes aux autres, construites en briques de terre, grâce à une entraide entre proches et voisins. Elles n'ont que peu de pièces, et y cohabitent trois ou quatre générations. Les filles sont mères très jeunes, 15 ans, parfois moins. Ces grossesses précoces et non désirées se terminent rarement par des histoires d'amour.

Les femmes s'occupent des enfants, cultivent un bout de terre, élèvent quelques animaux, et vendent leur maigre superflu sur les marchés. Certaines sont domestiques. Quand elles ont un peu de temps, elle s'évadent de leur dure réalité en suivant les péripéties romantiques des telenovelas. Les pères, sont souvent absents. Même s'ils vivent avec leur famille, il y a peu de travail pour eux à Quito. Beaucoup sont embauchés sur des chantiers  éloignés, où ils partent plusieurs semaines d'affilée. D'autres préfèrent ne pas quitter la ville et se louent à la journée, à des entreprises du bâtiment. Rien n'est jamais sûr, ces emplois sont précaires et sous-payés.
Début de construction d'un barrio illégal. Dans quelque temps, il ressemblera celui de droite. On en compte près de 500, accrochés aux flancs de la vallée qui enserre la ville sur une longueur de plus de 60 km. Cette urbanisation sauvage a commencé avec l'exode rural, dans les années 70. Aujourd'hui, le pourcentage d'habitants qui vivent dans ces barrios, fait de Quito la 5ème ville mondiale des bidonvilles. Cette population est surexposée aux risques sanitaires et aux catastrophes naturelles.

Sans existence légale, ces barrios pobres sont ignorés des services municipaux.  Il y a l'eau, l'électricité, mais aucun aménagement collectif. Pas de vraie rue. Quand il pleut, les chemins se transforment en ruisseau boueux.  Personne n'a d'adresse, il faut retirer le courrier dans un bureau de poste de la ville. L'éclairage public et la voirie sont inexistants.  Pas d'école, pas de transport en commun. Stationnés en bas des pentes, quelques pick-up, camionnettes à découvert équipées de bancs, servent de taxis collectifs. Dès qu'ils sont pleins, ils partent vers les arrêts de bus les plus proches, s'il y en a, ou déposent leurs passagers vers un lieu plus central.
L’ÉCOLE DE LA RUE






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Ces enfants reçoivent une éducation où la notion d'épanouissement personnel existe peu.
C'est la conséquence de la lutte quotidienne pour survivre. 
Chacun y prend part 
et se perçoit dès son plus jeune âge, comme un rouage de sa famille. 
C'est à travers ce défi, sans cesse relevé, que circule l'affection, 
mais le Nous s'est développé à la place du Je 


- La relation Parent-->Enfant reste unilatérale.
C'est l'adulte qui décide, et l'enfant ne remet jamais en question, 
ne discute pas, n'argumente pas. Il obéit.
Ce modèle de comportement est reproduit par l'enfant, avec tous les adultes qu'il ne connait pas, ou qui ont sur lui un rapport d'autorité, comme ses professeurs.

Avec les soeurs Egas, les enfants commencent à se comporter de façon différente, plus libre et spontanée. 
Ils ont appris à s'amuser, à être, même si c'est limité dans le temps, des enfants insouciants.


- La soumission est la valeur première.
Transmise depuis des générations par leurs ancêtres peones 
Le peon, celui qui n'a que ses pieds...  
et qui apprit des missionnaires, à s'en remettre à la la gracia de Dieu.
Leurs parents perçoivent cette soumission comme la seule ligne de conduite qui  permettra leur intégration dans que la  société équatorienne. Ils vivent parmi 7% de blancs descendants des colons, et 65% de métis dont une grande part se sentant inférieurs aux blancs, ont trouvé dans le racisme un moyen de se sentir supérieurs. Pour eux, qui évitent de s'exposer au soleil pour ne pas foncer leur peau, être traité d'Indio reste l'insulte la plus humiliante. C'est la raison de l'utilisation du mot Indigeno, qui lui, traduit respect et égalité.
Pour l'instant, les enfants vivent dans un ghetto sans mixité sociale. Mais ce racisme est intériorisé. Ils ont conscience de leur pauvreté, de ses causes. Ils savent quelle vie mènent leur famille.

Le Gouvernement a une position très claire, revendiquant la pluralité ethnique comme Identité et Richesse de l’Équateur. Les livres scolaires sont adaptés à cette réalité et des campagnes audiovisuelles reprennent régulièrement ces thèmes. 

Mais les mentalités évoluent très lentement.   
Les différentes communautés sont encore comme les pièces d'un puzzle. 
Formant un tout, 
mais chacune à sa place, 
délimitée de façon perceptible.





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